Perel Talks

An emergent figure in Berlin scene, a DFA records rookie signing her first album Hermetica, the remarkable Perel appears on the line-up of the Innervisions parties and the biggest international clubs. On the eve of his first time behind the decks of Badaboum, we talked about feminism and sexism with an artist full of energy.

What means feminism to you ?

Equality of all gender. Respect and understanding for each other  – Actually quite universal values.

What is your vision of femininity ? Do you consider femininity an asset?

I see feminism as common subject, not just something women need to talk about.

I hope a male dj gets the same questions here 🙂

And yes, if it’s an asset for our social and economic development. Absolute essential.

Did you have models of women artists when you started?

I have to admit, my role models had been men primarily. Sure, women like Annie Lennox had been influential at lot, no question. But when it comes to djing, my role models had been men, also because at that time (around 2005) there weren’t much female djs. But who cares – I thought „this is what I wanna do“. So I did it!

What are the feminine personalities that inspire you today in night life / music ?

All female artists!

But I’m also someone who never sees a gender first – I see an artist that inspires.

You seem to have a special relationship with Jennifer Cardini, could you tell us more about it ?

There aren’t may people in this business who have a heart like her! Plus, we like the same kind of stuff and we laugh about the same stupid jokes. She’s so funny! Also, Jennifer is definitely one of those friends you can call in the middle of night if something really bad happened. All that makes me love her a lot!

Do you feel that women’s place in club/night life is evolving? What still needs to change?

I think we’re on a very good way! let’s keep on going. I’m very happy to see how things change for the good of female artists. Always focus on the positive, even though we all know we haven’t reached the right balance yet…

In which country do you feel that things get moving the most in terms of parity in clubs and festivals?

Uff, that’s a very tough and socially complex question. I see very well balanced parties around the globe but also still very disappointing line-ups EVERYWHERE at the same time. So I think in the end, it lies within the promoters’ ability to take care of an all gender balanced line up or not.

Have you ever been targeted by sexist attacks in your career?

Sure, and I talked about it a lot. People who had been a target by sexist attacks should always talk about it.

What kind of situations made you feel uncomfortable in a club?

When people simply don’t dance or don’t care what I’m doing up there. I think every dj experienced those kind of situations.

How do you feel behind the turntables ? What makes you strong? What do you appreciate the most?

I always feel different but in general I’m quite focused, or let’s say I’m in a tunnel unless I grab my microphone and start to sing. I enter another level or dimension then, because my sets turn into a real performance.

So I think the music and the crowd itself make me strong – I love those nights where you really go on a journey together. And the fact that I include my voice makes everything more personal, unique and easier to connect with people. I remember nights, where everyone seemed very tired – me plus the crowd. I thought ‚ok that’s gonna be slow one‘ but then after one hour everything started to be a little bit shakier. So I took the mic and sang. Suddenly my people woke up completely and even started to scream.

What advice would you give to young girls to work in this world?

The same advice I would give to male up and coming artists: Always follow your heart, listen to your inner voice, work hard and stay patient. And don’t care what other people say or do – If this is really what you want to do and it feels right for you, everything will come automatically. A positive vibe is the most important!

What do you think is the most important victory for women in recent years?

Everything! I mean, look where we are now compared to 50 years ago! And every single day is a victory for us, no matter how much injustice we still have to face.

Also, women are so diverse. – Each of us has her own personal goals to reach, stories to tell and something she can be proud of.

Perel Talks

Figure émergente de la scène berlinoise, recrue du label DFA records, sur lequel elle signe son premier album Hermetica, la remarquable Perel s’affiche sur les line-up des soirées Innervisions et des plus grands clubs internationaux. A la veille de sa première fois derrière les platines du Badaboum, on a parlé féminisme et sexisme avec une artiste pleine d’énergie.

 

Quelle est ta définition du féminisme ?

L’égalité des genres. L’entente et le respect les uns pour les autres. Quoiqu’il me semble que ce sont des valeurs universelles.

Selon moi, c’est surtout un sujet commun qui ne devrait pas être réservé aux femmes. Est-ce que vous auriez posé la même question à un homme ?

Mais si c’est un atout pour notre développement social et économique, alors c’est essentiel. Absolument essentiel.

 

Avais-tu des modèles de femmes artistes quand tu as commencé ?

Pour être honnête, mes premiers modèles étaient incarnés par des figures masculines. Mais si je devais en citer une, je dirais Annie Lenox qui m’a beaucoup influencé, indéniablement. Mais quand j’ai commencé il y a plus de dix ans, il y avait encore très peu de femmes Dj’s . Mais peu importe, à ce moment-là je me suis surtout dit « c’est ce que je veux faire ! ». Alors je l’ai fait.

 

Quelles sont les personnalités féminines qui t’inspirent aujourd’hui dans le milieu de la nuit ?

Toutes. Mais surtout, quand quelqu’un m’inspire, c’est surtout l’artiste, peu importe son genre !

 

Tu sembles avoir une relation particulière avec Jennifer Cardini. Que représente- t-elle pour toi ?

Il n’y pas beaucoup de gens comme elle dans le milieu de la nuit. Elle a un cœur immense. On partage beaucoup de choses et on aime rigoler pour les mêmes bêtises. Elle est tellement drôle. Et Jennifer est typiquement le genre d’amie qu’on peut appeler au milieu de la nuit si on a besoin. Et pour toutes ces raisons, je l’aime infiniment.

 

Sens-tu que la place des femmes dans les clubs est en train d’évoluer ?

On est sur le bon chemin… alors continuons comme ça. Je suis très heureuse de voir les choses évoluer dans le bon sens pour les femmes artistes. Concentrons-nous sur le positif, même si nous savons tous qu’il ne faut pas crier victoire.

 

Dans quel pays sens-tu que les choses évoluent le plus en termes de parité dans la programmation des clubs et des festivals ?

C’est très compliqué de répondre à cette question.  Je peux me réjouir de la parité des line-up de nombreuses soirées à travers le monde et faire absolument le même constat inverse. Cela continue de dépendre avant tout des promoteurs et de leur volonté de faire évoluer les choses.

 

As-tu déjà été visée par des attaques sexistes depuis le début de ta carrière ?

Évidemment… Et j’en parle beaucoup. Et toutes les victimes de sexisme devraient toujours témoigner de leurs mauvaises expériences pour que les choses changent. 

 

Quel genre de situations t’a déjà mis mal à l’aise dans un club ou derrière les platines ?

Quand les gens ne dansent pas du tout ou qu’ils n’ont pas l’air de comprendre ce que je fais là. Mais je pense que tous les Dj’s ont été confrontés un jour ou l’autre à ce genre de situations….

 

Comment te sens-tu derrière les platines ? Qu’est ce qui te rend forte ? Qu’est-ce qui te plait le plus ?

Cela dépend des jours bien sûr mais je suis surtout très concentrée. Je sors de ma bulle quand je prends mon micro. A ce moment-là, quand cela devient une performance, les choses prennent une autre dimension. Mais c’est la musique et la foule qui me rendent forte. Et j’aime les nuits qui se transforment en véritable communion. Le fait de chanter rend les choses plus particulières et facilitent souvent la connexion. Quand les gens ne sont pas dedans ou que moi-même je suis très fatiguée, l’effet peut être surprenant de voir tout le monde se réveiller d’un coup et se mettre à crier.

 

Quel conseil donnerais-tu aux jeunes filles pour évoluer dans un métier comme le tien ?

Le même que je donnerais aux hommes où à n’importe quel artiste en devenir. Il faut suivre son cœur, écouter sa voix intérieure, travailler beaucoup… et être patient. Et surtout ne jamais faire en fonction des autres. Si c’est ce que tu veux faire, alors fais-le !

 

Quelle est selon toi la victoire la plus importante pour les femmes ces dernières années ?

Elles sont nombreuses. Surtout si on compare avec la situation il y a cinquante ans… Chaque jour est une petite victoire, même si nous devons toujours faire face aux injustices.

Les femmes incarnent la diversité. Nous avons toutes nos rêves, notre histoire et une raison d’être fière de ce que nous sommes !

Lucie Gouze

Masahide Ikuta – restaurant

A l’approche du printemps, le Badaboum continue sa métamorphose et lance son  – restaurant, dans un décor entièrement repensé par H A ï K U, l’agence qui depuis la rentrée se cache derrière la programmation musicale du club.

Dans ce nouvel écrin épuré, où matériaux industriels, murs de briques et céramique contrastent avec le jardin végétal, la cuisine de Masahide Ikuta, bien connu des adeptes du très fréquenté comptoir des Enfants Rouges du Marché, s’est imposée comme une évidence. Celui qui a découvert la gastronomie française aux côtés du chef étoilé Alain Chapel dans son restaurant de Kobe est passé par des cuisines renommées, de l’Ami Jean à l’Agapé avec Bertrand Grébaut à Table, où il décrochera une première étoile aux côtés de Bruno Verjus. De son expérience dans les montagnes du Pays basque chez Etxebarri, réputé pour ses cuissons au charbon, il a gardé l’amour du produit brut.
 
Pour illustrer sa philosophie, Masa, comme on le prénomme, fait défiler ses assiettes gastronomiques de saison à partager, imaginées pour la carte de –restaurant (et préparées par Syohoi): Saint Jacques cuites sur la coque, salade d’endives, vinaigrette clémentine, noisettes écrassées ; Seiche snackée, duxelle de champignons, épinards et pistaches, Maquereaux brûlés, tapenade d’olives noires de Kalamata ou encore un somptueux Faux filet maturé.
 
« Je privilégie le très bon au trop beau, même si le visuel reste important, explique-t-il. Tous les matins, quand je discute avec mes producteurs, je suis à la recherche permanente du goût le plus pur et de la meilleure qualité. C’est ce que je veux mettre en avant, je ne mets pas mon égo dans ma cuisine. Un restaurant, ça n’est pas que le chef, c’est un ensemble de choses, c’est une ambiance, un service… et la musique bien sûr. » A déguster bien sûr avec la carte des vins naturels concoctée par Michael Grosman, moitié du duo des Enfants Rouges du Marché.

 

Lucie Gouze

Jeudig : Madben

 

On a emmené Madben fouiller dans les bacs à vinyles du voisin disquaire Techno Import. Le DJ / producteur a choisi trois disques qui lui tenaient à coeur et nous explique pourquoi en vidéo.

 




Jeudig : Madben

 

We went to Techno Import vinylshop with Madben before his show at Badaboum. The french DJ / producer picked three records and told us why.

 




Oktober Lieber ex machina

 

La musique d’Oktober Lieber est minimaliste, synthétique, et nous plonge dans des atmosphères étranges et tendues. Le duo associe son électronique vintage à des séquences mélodiques soutenues par des beat répétitifs, saccadés, et obsédants. On a demandé à Charlotte et Marion de nous dévoiler une partie de leurs ingrédients utilisés en live.

« Pédale Bass Fuzz de chez Mooer qui s’appelle FOG, comme le film de John Carpenter, le destin. »

« Léger, compact, analogique et polyphonique, avec un delay intégré, un séquenceur, etc etc etc etc… Il fait beaucoup de choses pour nous, beaucoup de basses en live. »

« Mini synthé bass analogique doté de son séquenceur, plus pas mal de paramètres de base de synthèse (filtre, LF0, 3 oscillateurs). Pour les nappes ou des bruits divers… »

« Mini module Bastl Kastle, pour créer des sons de style modulaire et des séquences de bruits un peu crades. »

Oktober Lieber ex machina

 

Oktober Lieber mixes electronic vintage to hypnotic sequences and repetitive beats. We asked Charlotte and Marion to talk to us about their live set-up, here’s what they told us.

« Bass Fuzz from Mooer named FOG, just like John Carpenter’s movie : destiny. »

« Light, compact, analog et polyphonic, avec un delay intégré, with integrated delay, etc etc etc etc… It does a lot of things for us, mostly basslines. »

« Mini analog bass synth with its own sequencer, with a lot of synthesis settings (filter, LF0, 3 oscillators). Perfect for pads or weird noises… »

« Mini module Kastle from Bastl Instruments, for modular-like sounds and sequences of dirty noises. »

Alex.Do Talks

On a lu dans une de ses interviews qu’Alex.Do était un fan de science-fiction. Quand le Berlinois est passé derrière les platines du Badaboum, on en a profité pour lui poser quelques questions à ce sujet.

 

 

Ta musique peut être vraiment deep, proche de l’ambiant, parfois même cinématographique. Ça pourrait t’intéresser de produire des BO de films un jour ?

En réalité, je l’ai déjà fait. Pas entièrement mais j’ai pu y participer. Avec Frank Wiedemann et d’autres grands artistes, nous avons composé et produit la BO du film « Symphony Of Now ». C’était un travail vraiment intéressant, j’aimerais beaucoup aller plus loin dans cette démarche et réitérer ce travail plus souvent.

 

La science-fiction anticipe souvent l’évolution de nos technologies. Quelle place possèdela technologie dans ta musique ? Es-tu par exemple fou des synthés analogiques ou de vieilles boîtes à rythme ?

Je dirais que la technologie a un rôle central dans ma musique. Sans elle, je ne pourrais pas produire les sons que je voudrais. Que ce soit juste avec un ordinateur ou, dans mon cas, avec beaucoup de matos.

 

Comment te sens-tu face à toutes ces nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle, la géolocalisation ou la reconnaissance faciale ?

Mes sentiments sont mitigés quand il s’agit de collecte de données personnelles, d’empreintes digitales ou de reconnaissance faciale. On nous dit que ces technologies existent pour nous rendre la vie plus facile ou pour rendre notre monde plus sûr. C’est peut-être le cas, mais c’est également effrayant de savoir que quelqu’un a accès à une grande partie de ta vie.

 

Quel est le livre de science-fiction que tu as envie de partager avec nous aujourd’hui ?

J’étais plongé dans d’autres styles de littérature récemment, mais le dernier en date était le classique « Solaris » de Stanislav Lem. Cette histoire est parfaite, tout comme la façon dont il l’a écrite. C’est assez philosophique, surtout dans le dernier tiers du livre où le lecteur est confronté à un paquet de questions à propos de la vie. Cette partie du bouquin est incroyable.

 

As-tu déjà sorti un morceau inspiré par de la science-fiction ? 

Mon dernier disque sorti sur Dystopian est un référence éponyme à un film de science-fiction : « World On A Wire ».

 

Ton label Dystopian dit que tes humeurs caractérisent ta musique. Selon certains écrivains, cette humeur peut être manipulée par la technologie ou par des substances (le « Soma » dans « Le Meilleur Des Mondes » d’Aldous Huxley ou encore la « boîte à empathie » pour Philip K. Dick dans « Blade Runner »). Peux-tu imaginer prendre des substances ou faire de la méditation (par exemple) pour forcer une certaine humeur quand tu crées de la musique ?

Quand je compose, l’objectif est plus de retranscrire mon humeur actuelle et mes sentiments dans ma musique. Je pense que je n’ai jamais ressenti le besoin de prendre de la drogue ou faire quoi que ce soit pour mieux ressentir ces humeurs ou ces sentiments.

Alex.Do Talks

We read in a french interview that Alex’s bedside book was Stanislaw Lem’s « Solaris ». So we jumped at the chance to do a sci-fi interview with him.

 

 

Your music can be very deep, ambiant like, sometimes cinematographic… Are you interested in producing movie soundtracks one day ?

Actually I already did this. Not a complete OST by myself but I was part of it. Together with Frank Wiedemann and other great artists we wrote and produced the score for the movie called ‚Symphony Of Now‘. That was a really interesting work and I would love to get deeper into that field and do jobs like these more often at some point.

 

Sci-fi is mostly about evolving technology. What place does technology take in your music ? Are you crazy about anagogic synths / drum machines ?

I would say that it has a definite center role. Without technology I couldn‘t produce the sounds I would like to. Either it‘s only with a computer or – like in my case – with a lot of outboard equipment.

 

What’s your feeling about new technologies including artificial intelligence, geolocalisation or facial recognition ?

I got mixed feelings when it comes to all these things like personal data hording, your digital foot print and also facial recognition. It says these things exist for making life more easy and the world a safer place. Maybe that’s the case but I think it‘s also really frightening to know that someone has the insight into a large part of your life.

 

What’s the sci-fi book / movie you want to share with us today ?

I was more into other kinds of literature in last times but the one I‘ve read last was the classic ‚Solaris‘ from Stanislav Lem. That story was huge as well as the writing. It‘s quite philosophic but especially in the last third the reader is confronted with a lot of questioning about life. That part was immense.

 

Did you ever release a science-fiction inspired track ? Would you like to ?

My whole last record I‘ve had released on Dystopian was actually dedicated to an SciFi movie called ‚World On A Wire‘.

 

Dystopian describes you as an artist whose moods characterise your music. According to some writers, moods are manipulated by technology or medication (the « soma » substance in Aldous Huxley’s Brave New World or the « empathy boxes » in Philip K. Dick’s Blade Runner, for example). Could you imagine taking pills or doing meditation to be in a certain mood when you create music ?

When making music my aim is more like to transcript my actual mood and feelings into the production. I think I never felt the need of taking a drug or doing something to read these moods better.

Live Session : LAAKE

 

Il n’a pas fait le conservatoire. N’a pas été formé aux cours de solfèges et répétitions monotones de sonates. Pourtant, LAAKE, par sa maîtrise du piano, a tout du virtuose, à mi-chemin entre techno et classique, douceur et furie. À l’occasion de son passage sur la scène du Badaboum, LAAKE a eu le droit à sa session filmée : trois morceaux live, accompagné par sa violoncelliste Juliette Serrad.

 










Video : Axel Freret / Video Maker’Z